Étymologies de l’OSS-É-O-PRAXIE®
Et rappels des fondamentaux

LE PRÉFIXE OS(S)… pour Osseux et TISSULAIRE

Le préfixe OSS est utilisé dans l’idée de parler de tous les tissus du corps, c’est-à-dire le tissu conjonctif avec toutes ses variantes, les tissus denses tels que les os, cartilages, tendons, cornée et les tissus plus souples tels que les tissus organiques et de soutien (jusqu’aux aponévroses, membranes, fascias), ainsi que le tissu épithélial, le tissu musculaire et le tissu nerveux.
Le tissu conjonctif est le plus étendu. Il compose tous les organes, dont la peau, les muscles, les os, les nerfs et le système nerveux, les vaisseaux sanguins, les membranes externes qui entourent l’encéphale et la moelle épinière. Il se place également entre d’autres tissus du corps. Il possède 3 constituants essentiels : des fibres (élastiques et collagéniques), de la substance fondamentale et des cellules (fibroblastes, adipocytes, macrophages, mastocytes, leucocytes). Constituant plus de 80% du corps, on peut le différencier en plusieurs familles dont en voici certains :
Le tissu conjonctif de soutien est appelé mésenchymateux. Il intervient dans le maintien des structures telles que les os, les organes, les muscles les veines.
Le tissu conjonctif dense, le derme profond, les cartilages, les tendons.
Le tissu osseux qui est composé de substance fondamentale dure imprégnée de sels de calcium. Lui-même composé de 3 catégories, le réticulaire (os immature), le lamellaire (90% du tissu osseux l’organisme, résistant), le spongieux (dans les os courts, les plats et les épiphyses des os longs).

Le tissu épithélial. Il n’est pas vascularisé, mais il est nourri par la contiguïté du tissu conjonctif, grâce à la lame basale. Il a une fonction de revêtement et une fonction glandulaire.
Il s’agit de l’épiderme, de l’épithélium gastrique, intestinal, voies respiratoires, vessie...

Le tissu musculaire.
Il est classifié en 3 catégories, le muscle strié squelettique, le muscle strié cardiaque et le muscle lisse.

Le tissu nerveux.
C’est un tissu extrêmement complexe. Sa composition est faite de neurones et des cellules gliales (névroglie), de fibres nerveuses myélinisées (substance blanche), de fibres nerveuses amyéliniques (substance grise).
Citons quelques cellules du tissu nerveux : 
Les astrocytes, dont les prolongements vont à la rencontre des neurones pour les soutenir et à la rencontre des capillaires pour former la barrière hémato-encéphalique. Ces astrocytes soutiennent les neurones et maintiennent la cohérence nerveuse.
Les oligodendrocytes dont les prolongements entourent les axones pour les myéliniser afin d’augmenter la transmission de l’influx nerveux.
La partie du système nerveux qui nous concerne le plus est le système nerveux autonome appelé également système nerveux viscéral ou végétatif. Il gère les fonctions non soumises au contrôle volontaire, les muscles lisses (digestion, vaisseaux...) les muscles du cœur, les glandes exocrines (digestion, sudation) et certaines glandes endocrines.
Il est composé de ganglions sensoriels crâniens (voies afférentes) pour les informations sensitives (tels que la teneur en oxygène du sang, la pression artérielle, la dilatation des intestins) qui vont dans le noyau du tractus solitaire situé dans le système nerveux central.

De là partent les voies efférentes composées des 2 systèmes nerveux antagonistes, l’orthosympathique (ergotrope, lié au stress) et le parasympathique (trophotrope, lié essentiellement au repos). Ces voies efférentes ont pour rôle d’adapter les modifications physiologiques (tels que la libération de sucs digestifs, la dilatation des bronches...)
Ce système nerveux autonome viscéral dépend du système nerveux central, qui est régulé par l’hypothalamus, le tronc cérébral et le système limbique recevant l’influence des émotions et le système nerveux somatique avec ses afférences venant des organes des sens, des extérocepteurs et des propriocepteurs.
Les axones des neurones sympathiques et parasympathiques forment des plexus situés dans le thorax, l’abdomen et le pelvis, contrôlant les fonctions respiratoires, digestives, cardiovasculaires et agissant sur les secrétions viscérales, la motricité viscérale (péristaltisme), sur les glandes exocrines et endocrines et sur la vasomotricité.

 

LE PRÉFIXE « É » …

Pour électrique, faisant référence au système nerveux.

Les voies neurologiques, dont celles du système autonome, sympathique et parasympathique, conduisent l’information électrique jusqu’à l’organe concerné. Les jeux de polarité ionique appelés « potentiel d’action » sont un processus excessivement rapide au cours duquel s’ouvrent des canaux à travers la membrane cellulaire, laissant passer des ions calcium et potassium. C’est un processus de polarisation et de dépolarisation de la membrane, tout le long de l’axone (nerf) qui favorise l’influx nerveux. C’est ainsi que les nerfs conduisent l’électricité aux organes, permettant la contractilité ou l’inhibition.

Admettons à présent qu’une compression ou une gêne se produise sur son trajet. Cela créera une dysfonction de la conduction, un peu comme si l’on donnait un coup de marteau sur le fil d’un appareil électrique. On constaterait alors un mauvais fonctionnement de l’appareil. C’est le même phénomène que l’on peut attribuer aux organes. De cette façon, suite à certains évènements externes (traumatismes par accidents, traumatismes sportifs), à de mauvaises attitudes prolongées (postures au travail, sur le canapé, à table, au bureau etc..) ou à divers incidents (faux mouvements, atteintes émotionnelles, etc.), pourront engendrer des effets physiques, chimiques ou biologiques sur les tissus de soutien des gaines nerveuses et avoir des conséquences sur les voies nerveuses, affectant leur fonctionnalité.

LE PRÉFIXE O…

Phonétique de “EAU” - représentant tout ce qui est fluide, liquidien tels que le système vasculaire artériel et veineux et le système lymphatique, la lymphe et le liquide interstitiel.

Le système vasculaire transporte le sang dans tout l’organisme. Il est constitué par les artères, les artérioles et les capillaires (diamètres variables partant du cœur vers l’organe) et il a pour rôle le transport de l’oxygène et des nutriments aux organes.
Le retour sanguin des organes vers le cœur se fait par le système veineux, constitué des veinules et des veines, transportant le dioxyde de carbone (C02) vers les poumons afin d’être réapprovisionné en oxygène.

La constitution des parois artérielles est faite de :
•    L’intima (un endothélium de tissu conjonctif lâche) la plus interne,
•    La média (cellules musculaires lisses composées de collagène et d’élastine),
•    L’adventice (la plus externe, faite de collagène, d’élastine et d’adipocytes).
Elles sont innervées par le système sympathique qui lui confère sa contractilité.


La constitution des parois veineuses :
Identiques à celles des artères, mais certaines sont pourvues de valvules (aux membres inférieurs) afin de permettre le retour veineux au cœur.
La compliance veineuse est 24 fois supérieure à celle des artères.

Vous comprenez ainsi le rôle de l’osséopraxie sur le système vasculaire, puisque ce dernier est constitué de tissu conjonctif et du rôle important du système autonome (sympathique) dans la contractilité des parois (artérielles).
La restauration tissulaire, endothéliale et collagénique, par la technique digitale vectorielle, agira d’une part sur le tonus des parois vasculaires (celles qui pourront être accessibles) et la libération de contraintes tissulaires périphériques, mais aussi sur le rôle électrique du système sympathique dans la contraction des artères, des artérioles et de capillaires. De cette façon seront améliorés la dynamique vasculaire, l’alimentation en oxygène et en nutriments des organes, mais aussi le retour veineux vers le cœur.

Le système lymphatique est constitué de lymphe, de liquide interstitiel, de vaisseaux lymphatiques, de ganglions et du tissu lymphoïde.
Localisations des constituants lymphatiques : Certaines parties du corps sont richement composés de globules blancs (éléments fondamentaux de la lymphe). Elles sont constituées du tissu lymphoïde avec ses ganglions lymphatiques, des MALT (tissus lymphoïdes collés aux muqueuses), de la rate et du thymus. La moelle osseuse riche en globules blancs est à part. Cette dernière et le thymus fabriquent les lymphocytes, nécessaires à la défense immunitaire.
Le rôle du système lymphatique est de désintoxiquer les organes (transport des déchets des activités cellulaires), de véhiculer les nutriments, de transporter les globules blancs pour la défense immunitaire et de faire circuler les hormones.
La lymphe est produite par une transsudation du plasma sanguin au niveau des capillaires sanguins. Elle joue un rôle majeur dans le système immunitaire (globules blancs), apporte au sang les graisses et des éléments nutritifs absorbés au niveau de l’intestin grêle par les chylifères de chaque villosité intestinale.
Le liquide interstitiel (constitué de lymphe) remplit les espaces entre les cellules et les capillaires sanguins. Il a un rôle de drainage et d’épuration et retourne dans le sang par les vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques débutent dans les tissus corporels pour rallier les ganglions lymphatiques, prendre de grands axes tel que la citerne de Pecquet ou citerne du chyle entre les piliers du diaphragme et rétro aortique à l’origine du canal thoracique en regard de la deuxième lombaire et aboutir à la veine sous-clavière gauche. Le canal lymphatique droit va drainer le bras droit, le thorax droit, le cou et la tête, pour se déverser dans la sous-clavière droite. Au final, canal thoracique et canal lymphatique vont se déverser dans la circulation veineuse. 
La circulation de la lymphe se fait par la respiration, la contraction des muscles et le mouvement, mais aussi par la contraction des fibres lisses des parois des vaisseaux, d’où l’importance d’un bon système neuro-végétatif sympathique.
Un des troubles de la circulation de la lymphe est l’œdème, mais aussi une diminution de la défense immunitaire, de la capacité nutritionnelle des cellules, de la désintoxication du corps et de ses conséquences sur la santé. 
Les mouvements du corps, l’activité physique et la liberté des voies autonomes permettent une meilleure circulation de la lymphe.
L’intervention de l’osséopraxe se fera sur le tissu conjonctif, certains carrefours articulaires, les lieux de concentration ganglionnaires, les faces antérieures sacrées et vertébrales ainsi que sur le tissu interstitiel et la lymphe des lieux concernés, générant ainsi une réponse fondamentale sur le système immunitaire et l’activité cellulaire. 
Par son action digitale vectorielle, il va permettre de libérer les contraintes exercées sur les voies lymphatiques, qu’elles soient d’origines ligamentaires, aponévrotiques ou fasciales, afin de restaurer une bonne circulation de la lymphe, localement d’une part, mais aussi sur les voies principales de retour.

En ce qui nous concerne, cette explication succincte qui vient de vous être donnée est essentielle afin que vous compreniez que tous ces tissus corporels sont intimement liés, qu’ils forment une continuité tissulaire et donc un ensemble fonctionnel. C’est cela qui nous permet de comprendre l’importance capitale de l’osséopraxie et de ses techniques subtiles, dont la « technique digitale vectorielle », par sa capacité à agir sur les fibres tissulaires en souffrance, après avoir détecté les limitations cellulaires, leur perte de rebond, de rythmicité et de résilience.
Le respect de ces caractéristiques fondamentales est indispensable au maintien des fonctions physiologiques correctes. Si la continuité tissulaire est rompue ou obstruée, les informations transmises seront erronées ou déficientes, voire délétères. C’est le premier pas vers la maladie. 
Le rôle de l’osséopraxie est de redonner l’équilibre neuro-végétatif par la libération des contraintes tissulaires dont il pourrait être affecté.

PRAXIE :

Étymologie grecque signifiant l’adaptation de mouvement à un but précis. Dans notre cas, il s’agit essentiellement d’une technique digitale vectorielle permettant d’avoir une réponse tissulaire dans une direction précise, préalablement diagnostiquée par une abolition de sa réactivité et de sa capacité de rebond. Son rythme, sa faculté de résilience sont affectés. La technique digitale vectorielle permet de récupérer ces capacités physico-chimiques et biologiques délétères et de libérer les mobilités restreintes.